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Doit-on haïr la mort ?

Doit-on haïr la mort ?

Elle n’agirait pas plutôt comme une infaillible boussole ?

Quel intérêt et quelle perspective aurait une vie qui ne connaît pas d’issue ?

Les erreurs auraient le temps d’être commises, corrigées, et répétées à l’infini. Quelle distinction y aurait-il alors entre une mauvaise conduite et une correction ? Une chute et une rédemption ?

C’est parce que le temps est limité que le moment est prenant, que la marche est précieuse, que le bilan peut être heureux ou malheureux quand le rideau tombe.

C’est parce que tout peut s’arrêter à tout instant que l’on apprécie le moment.

Si tout durait infiniment, pourquoi alors s’empresser de construire un peu plus chaque jour ? Où va-t-on puiser l’énergie pour faire avancer un projet quand on dispose d’un temps infini pour le réaliser ? Et quel est l’intérêt de le voir achevé quand on aura tout le temps de le voir dégradé, désuet ou démoli ?

Pourquoi se lever tous les matins et pas une fois par semaine­ ?

C’est que la conscience de la mort ne nous laisse pas d’autre choix que celui d’améliorer la vie.

Une fois sa journée terminée, celui qui a apprécié les moments passés le doit à l’éventualité qu’en un clin d’œil tout disparaisse avec la mort.

La fatalité de la mort n’est donc pas un poison, elle est comme une potion amère qui maintient en vie la vie…

Published inDOULEUR EXQUISE

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