Skip to content

On revient toujours à DIEU

L’Orient -Le Jour 4/01/2022

Tout homme aime la vie.

Tout homme se projette dans un idéal cher à son cœur.

Tout homme ambitionne de construire une œuvre qui sera appréciée par les autres hommes.

Tout homme cherche une reconnaissance qui viendra renforcer sa confiance et justifier sa cause.

Tout homme ressent le besoin de partager et de transmettre ses convictions.

Et pourtant…

Aucun homme n’est dépourvu de défauts. 

Aucun homme ne détient une vision absolue des choses. 

Aucun homme n’est apte à tout réaliser sans la moindre erreur.

Aucun homme n’est exempt d’une forme d’égoïsme ou de cupidité. 

Aucun homme n’est totalement insensible aux honneurs et à la gloire. 

Aucun homme n’est parfait en toute chose et vis-à-vis de tous.

Alors, d’où vient aux hommes la soif toujours inassouvie de réaliser l’irréalisable ? De concilier l’inconciliable ? 

Pourquoi sont-ils si attachés au regard et à l’approbation des autres et cherchent-ils dans le même temps à les dominer ou à les exclure ? 

Pourquoi l’homme a-t-il ardemment besoin de l’autre pour l’aimer et être aimé de lui, tout en étant capable de le rejeter, de l’opprimer ou de le neutraliser ? 

Comment les hommes ont-ils pu oublier qu’ils sont tous semblables ? 

Comment les hommes sont-ils arrivés à ignorer que toutes leurs aspirations ont une même origine ? 

Comment ont-ils pu imaginer leur vie personnelle sans une œuvre commune ? 

Pourquoi les hommes se sont-ils séparés de tout repère et toute référence ? 

Pourquoi les hommes ont-ils brisé en mille morceaux tout objectif et tout idéal ? 

L’humanité est arrivée à un point où chaque homme est devenu son propre maître à penser, son propre univers et sa propre divinité.

Tous les hommes sont pétris d’une même nature. Malgré cela, ils se sont éparpillés en entités individuelles, solitaires et isolées, entassées les unes sur les autres, tout en étant indifférentes les unes aux autres, chacune d’elles étant convaincue d’être dans son bon droit et d’observer la bonne loi.

Faut-il alors s’étonner de la défaillance morale qui grandit, des liens humains qui se distendent, de la dépression qui répand son spectre et de cette sensation d’impuissance douloureuse qui imprègne les âmes ? 

Tant d’hommes affirment effrontément qu’ils n’ont fait aucun tort, mais très peu ont effectivement raison.

Tant d’hommes courent insatiablement derrière les moyens, mais très peu cherchent encore à justifier leurs fins.

Tant d’hommes veulent diriger les autres alors que leur propre boussole est en dérangement.

Au gré des mentalités, des opinions ou des addictions des uns ou des autres, la même affirmation peut être admise et déjugée, la même action peut être acclamée et condamnée, toute évidence peut être transformée en hérésie et toute hérésie en évidence.

Au nom de la liberté individuelle, de la liberté d’opinion, de la liberté d’expression, les hommes se sont enkystés dans des convictions partielles et partiales, dans des attitudes contradictoires, voire hostiles, sans possibilité de les départager ou de les réconcilier, puisqu’ils ne reconnaissent plus de référence commune et que les seuls critères de jugement auxquels ils se réfèrent émanent de leurs propres limites.

En ne considérant que ce qui traite de l’homme par l’homme et en supprimant tout ce qui dépasse la seule condition humaine, plus aucun recours ne peut se placer au-dessus des hommes afin de rectifier leur nature et de réunifier leur action.

En conséquence, la terre s’est transformée en une planète à la dérive où des humains fragmentés, avec leurs contingences et leurs imperfections, leurs contradictions, leurs illusions, leurs obsessions et leurs indigences, flottent dans un cosmos flou et uniforme, et s’entrechoquent au gré du hasard sans que la moindre évolution favorable ne soit prévisible ou envisageable.

Paradoxalement, c’est à une époque de modernisme et de progrès supposés que l’humanité constate de manière flagrante son incapacité à se fier à elle-même.

Dès lors, deux issues s’offrent aux humains : adopter l’incohérence et l’absurdité de la vie comme une évidence du quotidien ou bien se remettre à la recherche d’un absolu afin de redonner son sens à l’existence.

Une fois de plus, malgré ses tentatives millénaires de contournement, occasionnées par un orgueil non moins millénaire, l’homme se remet à négocier le même virage : il revient à Dieu.

Published inARTICLESCHALCEDOINE

Be First to Comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *